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Les locs : démarrer, entretenir, et ce qu'on ne vous dit pas

il y a 1 heure
6 min de lecture

Sommaire

  • Les cheveux qui ne tombent plus

  • Démarrer : les méthodes décrites, et ce qu'on ne sait pas comparer

  • Baby, budding, teenage : du vocabulaire, pas de la biologie

  • Les locs tirent moins que les extensions

  • « Les locs, ça ne se lave pas »

  • Racines, poids, dépose : les limites à connaître

  • Questions fréquentes

Vos locs s'épaississent avec le temps. Ce n'est pas une impression : le mécanisme est décrit dans la littérature dermatologique, et presque personne ne l'explique.

Nous le posons d'abord, puis nous reprenons le reste. Ce qui est démontré sur la traction, et tout ce qui ne l'est pas.

Les cheveux qui ne tombent plus

Vous perdez environ cinquante cheveux par jour. C'est la phase télogène, la fin du cycle de vie de la fibre. Sur une chevelure libre, ces cheveux se détachent au peigne, à la douche, sur l'oreiller.

Dans une loc, ils ne tombent pas. Ils restent piégés, emmêlés dans la partie distale de la mèche. La littérature dermatologique le décrit noir sur blanc, et définit la loc comme une mèche feutrée en corde épaisse.

Voilà l'explication de ce que toutes les porteuses observent. Les locs s'épaississent avec les années et le volume capillaire augmente. Ce n'est pas de la pousse, c'est de l'accumulation.

Retenez ce mécanisme, parce qu'il revient plus bas. Ce qui s'accumule finit par peser.

Femme noire de profil portant de longues locs

Démarrer : les méthodes décrites, et ce qu'on ne sait pas comparer

La littérature dermatologique décrit plusieurs entrées. Le backcombing, un crêpage vers le cuir chevelu qui favorise les nœuds et l'emmêlement. La méthode dite neglect, ou freeform, qui consiste à ne plus peigner, ne plus brosser, ne plus couper. Et des départs par technique de manucure ou par permanente.

Après le sectionnement, le passage à la loc se fait par palm rolling, par torsion ou au crochet.

Aucune étude ne compare ces méthodes sur le résultat obtenu, sur la durée ou sur le risque. Le choix se fait avec une loctitian, à partir de son expérience et de votre texture. C'est légitime, et ce n'est pas une donnée.

Avant de vous lancer, posez la question du diamètre et de la taille des sections. C'est le seul paramètre sur lequel une recommandation publiée existe, et il se décide au départ. Notre guide des coiffures protectrices reprend les principes de tension qui valent aussi pour les locs.

Une précision utile : les faux locs sont autre chose. Ce sont des cheveux synthétiques enroulés autour de vos mèches naturelles. L'aspect y est, l'engagement des vraies locs non.

Baby, budding, teenage : du vocabulaire, pas de la biologie

Vous avez lu partout que les locs traversent des phases. Baby, budding, teenage, mature, parfois rooted. C'est un vocabulaire de communauté, pratique pour se comprendre entre porteuses et avec sa coiffeuse.

Ces phases n'ont aucune existence scientifique. Aucune publication ne les décrit, aucune ne chiffre leur durée. Tout ce qui circule vient de blogs de marques et de sites de loctitians.

Cela ne les rend pas fausses, cela les rend invérifiables. Quand on vous annonce la durée de votre phase budding, vous entendez une convention de métier, pas une mesure.

Les locs tirent moins que les extensions

Voici le fait le plus intéressant du dossier, et il va contre l'idée reçue. Les locs naturelles présentent un risque d'alopécie de traction plus faible que les coiffures avec extensions ajoutées.

La lecture qu'en donne la publication est directe : ce sont les mèches rapportées qui abîment le follicule. Vos propres cheveux, lockés, pèsent moins et tirent moins que vos cheveux augmentés d'une matière extérieure.

Ne renversez pas l'argument pour autant. Les locs restent classées parmi les coiffures à risque élevé d'alopécie de traction dans les revues de prévention. Le mécanisme identifié est le poids : toute coiffure qui tire en continu dans une direction ajoute une charge significative sur le follicule.

La recommandation publiée tient en une phrase : des locs de plus gros diamètre. Une charge répartie sur une loc large tire moins qu'une charge concentrée sur une loc fine. Le raisonnement est le même que pour les tresses, et il se demande au moment du sectionnement, pas trois ans plus tard.

Sur les sisterlocks et les microlocs, il n'existe presque rien. Les phrases du type « les microlocs tirent moins » ne reposent sur aucune publication. Les revues de prévention citent d'ailleurs les sisterlocks parmi les coiffures à risque, au même titre que les locs.

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« Les locs, ça ne se lave pas »

C'est la phrase que vous entendez au travail, en famille, parfois dans un cabinet médical. Disons-le proprement : personne n'a publié de contre-preuve directe. Aucune étude n'a mesuré ce que devient une loc lavée contre une loc non lavée.

L'argument solide est ailleurs, et il est indirect. Le lavage espacé aggrave la dermite séborrhéique. Cela, c'est établi. Les femmes qui portent des coiffures avec mèches se lavent tous les 18 à 32 jours, contre 14 jours pour les coiffures naturelles, et cet espacement augmente le risque.

Ces chiffres ont été mesurés sur des tissages et des tresses, pas sur des locs. Le mécanisme, lui, ne change pas : un cuir chevelu laissé longtemps sans nettoyage, sous du sébum et des produits, devient un terrain favorable.

Ce qui manque doit être dit aussi. Aucune fréquence de lavage des locs n'est publiée. Aucun délai avant le premier lavage après le départ. Et le fameux résidu de produit piégé dans les locs n'est documenté nulle part.

Vous laverez donc selon votre cuir chevelu et selon ce que vous observez, avec votre loctitian. La seule chose établie, c'est qu'espacer beaucoup n'est pas anodin. Notre routine cheveux afro donne la trame d'un lavage qui nettoie vraiment le cuir chevelu.

Racines, poids, dépose : les limites à connaître

L'entretien décrit dans la littérature tient en deux gestes : le retwist des racines et un nettoyage régulier. Aucune fréquence n'est publiée, ni pour l'un ni pour l'autre. Ce que vous lisez sur les six semaines ou les huit semaines de retouche vient du métier.

Sur le poids, même constat. Personne n'a mesuré le poids d'une chevelure lockée, et aucun seuil n'a été fixé au-delà duquel la traction devient délétère. Il reste le mécanisme et la recommandation de diamètre.

La dépose a longtemps été présentée comme impossible : on coupait. Des techniques de démêlage à l'eau et à l'après-shampooing sont désormais décrites. Aucune procédure n'est documentée médicalement, ni sa durée, ni son effet sur la fibre.

Reste ce qui compte le plus. La douleur n'est pas le prix à payer. Dans une revue de référence sur l'alopécie de traction, seules 18,9 % des patientes déclaraient n'avoir jamais eu mal pendant le coiffage. Un retwist qui fait mal est un retwist trop serré, et un rendez-vous qui laisse le crâne sensible le lendemain doit changer de main.

Cet article ne remplace pas un avis médical. Devant une douleur persistante, des picotements, des croûtes à la base des racines, des portions de cuir chevelu soulevées en tente autour d'une loc (ce que l'on appelle le tenting) ou un dégarnissement des tempes, consultez un dermatologue sans attendre. Prise tôt, l'alopécie de traction régresse. Poursuivie, elle laisse une alopécie cicatricielle définitive, et la seule mesure dont l'efficacité soit affirmée dans les sources lues est l'arrêt de la traction. Notre article sur l'alopécie de traction décrit les zones à regarder chaque mois.

Personne portant des locs coiffées

Questions fréquentes

Mes locs vont-elles s'épaissir toutes seules ?

Oui, et c'est documenté. Les cheveux en fin de cycle, environ cinquante par jour, ne se détachent plus : ils restent emmêlés dans la loc. Le volume augmente donc avec les années. C'est aussi pour cette raison que la question du poids se pose à mesure que la chevelure s'allonge.

Combien de temps avant que mes locs soient mûres ?

Personne n'en sait rien, au sens strict. Les phases que vous lisez partout forment un vocabulaire de communauté, sans durée publiée ni définition scientifique. Votre loctitian vous donnera un ordre d'idée à partir de son expérience et de votre texture. Prenez-le pour ce qu'il est : un repère de métier.

Peut-on défaire des locs sans couper ?

Des techniques de démêlage à l'eau et à l'après-shampooing sont décrites, alors que les locs ont longtemps été considérées comme définitives jusqu'à la coupe. Aucune procédure n'est documentée médicalement, et rien n'a été publié sur le temps que cela demande ni sur l'état de la fibre après.

Bonnets et foulards en satin, que les dermatologues recommandent contre le coton, se trouvent dans la collection Accessoires.

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